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Holacracy : une révolution en marche

 

 

 

 

 

 

 

Par Bernard Marie Chiquet, fondateur d’iGi Partners

Les trente dernières années se sont caractérisées par deux ruptures majeures : la crise économique et la révolution numérique. Des ruptures qui ont engendré de profonds changements et une remise en question des organisations et du fonctionnement au sein de l’entreprise. L’échec des organisations pyramidales et hiérarchisées appelle une « révolution », celle de Holacracy, un nouveau mode de gestion des organisations adapté aux contraintes du 21ème siècle.

 

Les sceptiques vous diront qu’il s’agit d’une nouvelle théorie issue des travaux de chercheurs coupés des réalités du monde de l’entreprise et… ils se tromperont. Holacracy n’est pas une théorie mais le résultat d’une pratique. Elle propose ainsi une redéfinition complète des organisations et processus qui régissent les entreprises privées et publiques.

En finir avec le « vieux monde »


Inventée au début du 20ème siècle, l’entreprise telle que nous la connaissons et la pratiquons doit impérativement se réinventer. Son fonctionnement, son organisation pyramidale et hiérarchisée sont obsolètes et en échec.

 

Décideurs vs. Exécutants
L’entreprise est, encore aujourd’hui, perçue comme le lieu privilégié d’un affrontement entre ceux qui décident et ceux qui exécutent. L’entreprise est d’abord l’objet de luttes de pouvoir. Dans ces conditions, il est facile d’imaginer l’impact déplorable que cet antagonisme peut avoir. Bien souvent, cela débouche sur des situations où la frustration des collaborateurs est forte et leur motivation, leur implication en berne. Qui plus est, cet environnement est générateur de stress, d’absentéisme. De là à la destruction de valeur, il n’y a qu’un pas.

 

Un fonctionnement rigide, une absence de sens
Dans l’entreprise « classique », la stratégie et la décision sont le « pré carré » d’une poignée de décideurs. Une fois prise, la décision est « cascadée » vers le reste de l’organisation. Seuls quelques rares « privilégiés » participent à ce travail de réflexion. L’implication des équipes n’est pas d’actualité et le résultat s’en fait sentir. La compréhension par celles-ci reste incomplète voire parcellaire,  le manque d’appropriation nuit fortement à l’efficacité de l’organisation et pèse lourdement sur les performances de l’entreprise.

 

Pour sortir de ce carcan dans lequel évoluent encore la plupart des entreprises, Holacracy est une réponse attendue et adaptée aux enjeux majeurs de ces organisations.

 

Holacracy, une nouvelle technologie managériale

 

Inventée au milieu des années 2000 aux Etats-Unis par Brian Robertson (voir « La révolution Holacracy, le système des entreprises performantes » de Brian Robertson chez Alisio, parution le 18 mars 2016), Holacracy n’est donc pas le fruit d’une énième théorie sur les organisations mais le résultat d’une pratique, de processus adaptatifs. L’objectif est simple : apporter une réponse novatrice aux entreprises soucieuses d’évoluer vers un modèle d’organisation et de gouvernance itératif, leur permettant de gagner en efficacité, en agilité et en transparence. Le tout en s’appuyant sur des collaborateurs responsabilisés et épanouis !
Redonner du sens

Contrairement à l’organisation « classique » qui véhicule une vision du travail contraignante voire punitive, qui est perçue comme celle qui surveille et sanctionne, Holacracy repositionne le collaborateur au cœur du dispositif. Cette nouvelle technologie managériale est aux antipodes de l’organisation « classique » avec sa conception positive et optimiste de l’entreprise :

  • Le contrat liant l’entreprise et ses collaborateurs est fondé sur la confiance de la première et la responsabilisation, l’autonomie des seconds
  • Le collaborateur n’est plus un simple exécutant. Il connait et comprend les objectifs de chacune de ses actions
  • Grâce à la formation et des échanges réguliers, les collaborateurs ont les moyens de transformer leur autonomie et leur responsabilisation en succès

 

Pas une utopie

Mais Holacracy est tout sauf une utopie. La mission de l’entreprise et de l’organisation qui la sous-tend, créer de la valeur, est dans son ADN. Car l’organisation doit tendre à l’excellence, viser un fonctionnement optimum, mesurer les résultats et atteindre les objectifs attendus.

 

La France à l’avant-garde

 

On aurait pu croire que la France, enlisée dans la crise, percluse de réflexes jacobins et d’un goût immodéré pour les organisations aux hiérarchies affichées et établies, aurait exprimé sa réticence à adopter la « révolution Holacracy ». Pourtant, c’est bien l’inverse qui se passe.

 

Outre les Etats-Unis qui ont été le berceau de ce mouvement, la France est aujourd’hui, et de loin, le pays le plus avancé sur ce terrain en Europe. Face à un environnement de plus en plus complexe, de nombreuses entreprises remettent en question leur modèle d’organisation. Des entreprises de toutes tailles, de tous secteurs, dans toutes les régions du pays.  Des entreprises de la distribution comme Kingfisher ou Scarabée Biocoop,  des éditeurs de logiciel comme Winpharma ou des collectivités territoriales comme le SIAV (Syndicat Intercommunal d’Assainissement de Valenciennes). Les résultats étant au rendez-vous, la « révolution » bat son plein.

 

Les entreprises doivent changer de modèle d’organisation. Elles doivent se réinventer pour enfin répondre aux attentes de leurs collaborateurs et faire face aux défis et enjeux du 21ème siècle. Holacracy est, j’en suis convaincu, la réponse attendue !

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